Vous avez remarqué de longues tiges qui partent de vos fraisiers et courent sur la terre ? Avant de sortir le sécateur, observez-les attentivement : ce sont des stolons, et ils peuvent vous permettre d’obtenir de nouveaux fraisiers presque sans effort.
Beaucoup de jardiniers les suppriment dès leur apparition en pensant qu’ils fatiguent inutilement la plante. Ce n’est pas totalement faux, mais les couper systématiquement peut aussi vous priver d’une méthode très simple pour multiplier vos meilleurs fraisiers.
Ces longues tiges ont une vraie utilité
Le stolon est une tige rampante produite naturellement par le fraisier. En s’allongeant, il développe de petits bouquets de feuilles à certains endroits.
Ces jeunes pousses sont capables de produire leurs propres racines lorsqu’elles entrent en contact avec la terre. Progressivement, elles deviennent de véritables petits fraisiers.
C’est donc une méthode de multiplication particulièrement pratique : le pied mère nourrit encore temporairement le jeune plant pendant que celui-ci développe son système racinaire.
Mais attention : cela ne signifie pas qu’il faut conserver tous les stolons.
Faut-il couper ou garder les stolons ?
Tout dépend de votre objectif.
Si vous souhaitez surtout favoriser la production de fraises, notamment sur un plant encore jeune ou peu vigoureux, retirer une partie des stolons peut être intéressant. La plante pourra alors consacrer davantage de ressources à son développement et à sa fructification.
En revanche, si votre fraisier est vigoureux et que vous souhaitez obtenir de nouveaux plants, conservez quelques stolons bien développés.
L’idéal est généralement de sélectionner les plus beaux plutôt que de laisser une multitude de jeunes plants se développer autour du pied mère.
Le bon moment pour multiplier vos fraisiers
Après la principale période de récolte, observez les stolons.
Choisissez ceux qui portent de jeunes plants vigoureux avec plusieurs petites feuilles bien formées. Évitez de multiplier en priorité un fraisier malade, très affaibli ou présentant des signes inhabituels.
Vous pourrez alors aider les jeunes plants à s’enraciner sans les séparer immédiatement de leur pied mère.
Étape 1 : posez le jeune fraisier sur la terre
Repérez une jeune pousse située sur le stolon.
Vous pouvez simplement la poser sur une terre meuble à proximité du pied mère. Mais une méthode encore plus pratique consiste à placer un petit pot rempli de terreau juste à côté du fraisier.
Déposez délicatement la jeune pousse à la surface du terreau.
Le point important : ne coupez pas encore le stolon qui la relie au pied mère.
Vous pouvez maintenir légèrement la pousse contre le substrat avec une petite agrafe de jardinage ou un morceau de fil de fer courbé, sans écraser la tige.
Étape 2 : gardez le substrat légèrement humide
Arrosez doucement afin que le terreau reste frais pendant l’apparition des racines.
Il ne doit toutefois pas être constamment détrempé. Un excès d’eau peut favoriser le pourrissement des jeunes racines.
Pendant cette période, le petit fraisier reste relié au pied mère tout en commençant à devenir autonome.
Étape 3 : vérifiez si les racines sont bien installées
Après quelque temps, testez délicatement la jeune pousse.
Tirez très légèrement dessus, sans forcer. Si vous sentez une petite résistance, cela signifie généralement que des racines se sont développées dans le substrat.
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Vous pouvez également observer le dessous du pot si celui-ci possède des trous de drainage.
Ne soyez pas pressé : mieux vaut attendre que le système racinaire soit suffisamment développé avant de séparer les deux plants.
Étape 4 : coupez enfin le stolon
Lorsque le jeune fraisier est correctement enraciné, il peut commencer sa vie indépendante.
Prenez un sécateur ou des ciseaux propres et coupez la tige qui le relie au pied mère.
Vous venez ainsi d’obtenir un nouveau fraisier à partir d’un plant que vous possédiez déjà.
Si vous l’avez enraciné directement dans un petit pot, vous pourrez ensuite le déplacer beaucoup plus facilement vers son emplacement définitif.
Où installer le nouveau fraisier ?
Choisissez un emplacement bénéficiant d’une bonne lumière, avec une terre fertile et suffisamment drainante.
Lors de la plantation, faites attention au collet du fraisier, c’est-à-dire la zone située entre les racines et les feuilles. Il ne doit pas être profondément enterré.
Arrosez après la plantation pour favoriser la reprise, puis maintenez une humidité régulière sans saturer le sol.
Laissez également suffisamment d’espace entre les plants pour favoriser une bonne circulation de l’air.
L’erreur : vouloir conserver tous les stolons
Un fraisier vigoureux peut produire de nombreuses tiges en peu de temps. Il peut être tentant de vouloir transformer chacune d’elles en nouveau plant.
Ce n’est pas forcément une bonne idée.
Multiplier trop de jeunes fraisiers à partir d’un même pied peut solliciter inutilement la plante mère. Sélectionnez plutôt quelques jeunes pousses particulièrement vigoureuses et retirez celles dont vous n’avez pas besoin.
Vous obtiendrez ainsi des plants plus faciles à surveiller et à installer correctement.
Peut-on couper les stolons immédiatement ?
Oui, si votre priorité est la récolte et que vous ne souhaitez pas multiplier vos fraisiers.
Combien de stolons faut-il conserver ?
Il n’existe pas de nombre universel. Sur un fraisier vigoureux, mieux vaut sélectionner quelques stolons robustes plutôt que de tous les laisser se développer.
Quand séparer le jeune plant du pied mère ?
Attendez qu’il soit réellement enraciné. Une légère résistance lorsque vous essayez délicatement de le soulever est un bon indice.
Peut-on utiliser directement un petit pot ?
Oui, et c’est même très pratique. Faites enraciner la jeune pousse dans le pot tout en conservant sa connexion avec le pied mère, puis coupez le stolon une fois les racines installées.
En résumé
Lorsque vos fraisiers produisent de longues tiges, ne les coupez pas automatiquement.
Si vous voulez multiplier vos plants, choisissez un stolon vigoureux, placez sa jeune pousse contre une terre légère et humide et laissez-la s’enraciner tout en restant reliée au pied mère.
Une fois les racines suffisamment développées, coupez le lien et installez votre nouveau fraisier.
Un geste très simple qui permet de transformer les stolons de vos fraisiers en nouveaux plants pour les prochaines récoltes.
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