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Ne jetez plus l’eau de cuisson non salée de certains légumes : elle peut encore servir au jardin

Après avoir fait cuire des légumes à l’eau, le premier réflexe consiste généralement à vider la casserole dans l’évier. Pourtant, une eau de cuisson sans sel, sans huile, sans sauce ni autre assaisonnement peut parfois être réutilisée pour arroser certaines plantes, une fois complètement refroidie. Cette astuce permet surtout d’éviter de gaspiller de l’eau. En revanche, inutile de la présenter comme un engrais miracle : sa composition varie selon les légumes et la cuisson. Voici comment la réutiliser sans mettre vos plantes en difficulté.

Le bon geste : laisser refroidir l’eau avant de l’utiliser

L’eau provenant de la cuisson de légumes peut contenir une partie des composés solubles passés dans l’eau. Mais au jardin, son intérêt le plus simple reste son réemploi comme eau d’arrosage. La règle essentielle est de n’utiliser qu’une eau totalement refroidie et non salée.

Matériel nécessaire

  • 1 à 2 litres d’eau de cuisson de légumes
  • Un récipient propre
  • Une passoire si des morceaux restent dans l’eau
  • Un arrosoir

Les étapes

  1. Vérifiez ce qui a été ajouté pendant la cuisson. L’eau doit être exempte de sel, de bouillon cube, d’huile, de beurre, de sauce et de produits d’entretien.
  2. Filtrez les morceaux. Passez l’eau dans une passoire si elle contient des fragments de légumes. Cela évite de laisser des matières organiques se décomposer à la surface du pot.
  3. Laissez refroidir complètement. Attendez qu’elle atteigne approximativement la température ambiante. N’arrosez jamais les racines avec une eau encore chaude.
  4. Arrosez directement la terre. Versez l’eau au pied des plantes, comme lors d’un arrosage ordinaire, sans détremper le substrat.
  5. Observez le drainage. En pot, arrêtez lorsque l’eau commence à s’écouler par les trous et videz la soucoupe après 10 à 15 minutes.

Cette eau remplace ponctuellement une partie de l’eau d’arrosage : elle ne justifie donc pas un arrosage supplémentaire si la terre est déjà humide.

Quelles eaux de cuisson peut-on récupérer ?

L’eau de cuisson de légumes ordinaires comme les carottes, haricots verts, courgettes, brocolis ou pommes de terre peut être envisagée lorsqu’elle ne contient aucun assaisonnement.

Plus la préparation est simple, plus la réutilisation l’est également. Une casserole contenant uniquement de l’eau et des légumes est préférable à un liquide auquel plusieurs ingrédients ont été ajoutés.

L’eau de cuisson des pommes de terre peut notamment être assez riche en amidon et devenir trouble. Utilisez-la avec modération et uniquement fraîche, plutôt que de la verser systématiquement dans les pots.

Dans tous les cas, ne considérez pas cette eau comme un engrais dont on pourrait prévoir précisément la teneur en éléments nutritifs. La quantité de minéraux récupérée dépend du légume, du volume d’eau, de la durée et du mode de cuisson.

Le sel : la raison principale de ne pas utiliser certaines eaux

Si vous avez salé l’eau des légumes, ne la versez pas dans les pots ni au pied des plantes. Le sodium et les sels peuvent s’accumuler dans le substrat et perturber l’absorption de l’eau par les racines.

Même une eau qui ne semble que légèrement salée n’apporte aucun avantage justifiant ce risque.

La même précaution s’applique aux bouillons cubes, sauces et autres assaisonnements. Une eau contenant du beurre ou de l’huile n’est pas davantage adaptée : les matières grasses n’ont rien à faire dans un arrosoir.

En cas de doute sur ce qui a été ajouté dans la casserole, versez simplement l’eau dans l’évier. Pour transformer cette habitude en véritable geste anti-gaspillage, le plus pratique est de prélever l’eau destinée au jardin avant de saler ou d’assaisonner la préparation.

Utiliser cette eau rapidement plutôt que la conserver

Une eau de cuisson contenant des résidus organiques n’est pas faite pour rester plusieurs jours à température ambiante. Des micro-organismes peuvent s’y développer et une odeur désagréable peut apparaître.

Laissez-la refroidir dans un récipient propre et utilisez-la le jour même, idéalement dans les heures qui suivent. Si elle dégage déjà une odeur inhabituelle ou présente un aspect suspect, ne l’utilisez pas.

Évitez également de préparer plusieurs bouteilles pour constituer une réserve destinée aux semaines suivantes.

Pour le jardin ou le balcon, récupérez uniquement la quantité dont vos plantes ont réellement besoin ce jour-là. Une petite casserole peut facilement fournir 1 à 2 litres, ce qui suffit déjà à arroser plusieurs pots.

Cette méthode reste ainsi simple et ne nécessite aucun stockage.

Arroser au bon moment reste plus important que le type d’eau

Même une eau de cuisson parfaitement adaptée peut poser problème si elle est versée dans une terre déjà détrempée.

Avant d’arroser une plante en pot, vérifiez l’humidité du substrat sur 2 à 3 cm de profondeur. S’il est encore humide et que la plante ne demande pas d’arrosage particulier, attendez.

En été, arrosez de préférence tôt le matin ou en soirée lorsqu’il fait moins chaud, en tenant compte des besoins de l’espèce. Versez l’eau directement sur le sol plutôt que sur les feuilles.

Au potager, la fréquence dépend également du sol, de la température et des cultures. Une terre argileuse retient davantage l’humidité qu’un substrat léger.

L’eau de cuisson doit donc remplacer l’eau ordinaire au moment où un arrosage est nécessaire, et non devenir une raison d’arroser davantage.

Erreurs à éviter

Utiliser une eau encore chaude. La chaleur peut endommager les tissus végétaux et les racines. Attendez toujours son refroidissement complet.

Arroser avec une eau salée. Le sel peut s’accumuler dans le sol et devenir néfaste pour les plantes.

Récupérer une eau contenant huile, beurre ou bouillon. Réservez uniquement l’eau issue d’une cuisson simple et non assaisonnée.

Penser qu’elle remplace un engrais équilibré. Sa composition est trop variable pour assurer à elle seule les besoins nutritifs d’une plante.

Conserver l’eau plusieurs jours à température ambiante. Des résidus alimentaires peuvent favoriser le développement microbien et les mauvaises odeurs.

Pour aller plus loin

Sur un balcon, répartissez une petite quantité entre plusieurs pots plutôt que de saturer un seul contenant. Vérifiez toujours que les trous de drainage restent libres.

Au potager, utilisez cette eau au pied des cultures lorsque le sol a réellement besoin d’être arrosé. Un paillage adapté peut ensuite ralentir l’évaporation.

Enfin, si vous souhaitez récupérer régulièrement l’eau de cuisson, prenez l’habitude de cuire certains légumes sans sel et d’assaisonner après cuisson lorsque la recette le permet. Vous saurez ainsi exactement ce que contient l’eau destinée aux plantes.

Questions fréquentes

L’eau de cuisson des légumes est-elle vraiment un engrais ?

Pas au sens d’un engrais équilibré et dosé. Certains composés des légumes peuvent passer dans l’eau, mais leur quantité est très variable. Considérez surtout cette pratique comme une manière de réutiliser de l’eau.

Peut-on utiliser l’eau de cuisson des pommes de terre ?

Oui, si elle ne contient ni sel ni autre assaisonnement et qu’elle est complètement refroidie. Comme elle peut contenir beaucoup d’amidon, utilisez-la ponctuellement plutôt que systématiquement.

Peut-on verser l’eau chaude sur les mauvaises herbes ?

L’eau bouillante peut endommager les végétaux qu’elle touche, mais aussi les plantes voisines et les organismes du sol. Près des cultures et des racines que vous souhaitez conserver, cette pratique est donc à éviter.

Peut-on conserver l’eau jusqu’au prochain arrosage ?

Mieux vaut l’utiliser rapidement après refroidissement. Si vos plantes n’ont pas besoin d’eau ce jour-là, ne les arrosez pas uniquement pour éviter de jeter le liquide.

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