L’automne est une période intéressante pour multiplier certains rosiers à partir de leurs tiges. Lorsque la croissance ralentit et que le bois commence à durcir, il devient possible de prélever des boutures ligneuses qui pourront développer leurs propres racines au fil des mois.
Cette technique traditionnelle ne demande ni matériel coûteux ni connaissances particulières. Elle nécessite surtout de choisir une tige saine, de préparer un substrat adapté et de faire preuve de patience.
Voici comment procéder pour tenter d’obtenir de nouveaux rosiers à partir de ceux que vous possédez déjà.
Pourquoi bouturer les rosiers en automne ?
À l’automne, les rosiers entrent progressivement dans une période de repos végétatif.
Les jeunes pousses de l’année deviennent plus fermes et commencent à se lignifier, c’est-à-dire à former du bois.
Ces tiges semi-ligneuses ou ligneuses peuvent servir à réaliser des boutures.
Contrairement aux boutures tendres prélevées au printemps ou en été, les boutures d’automne s’enracinent généralement plus lentement.
Elles peuvent rester plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sans montrer de croissance visible.
L’avantage est qu’elles demandent relativement peu d’entretien lorsqu’elles sont installées dans de bonnes conditions.
Il faut toutefois savoir que toutes les variétés de rosiers ne se bouturent pas avec la même facilité.
Le matériel nécessaire
Pour réaliser plusieurs boutures, prévoyez :
- Un rosier sain et vigoureux
- Un sécateur propre et bien aiguisé
- Des pots profonds avec des trous de drainage
- Du terreau léger pour semis ou bouturage
- Du sable horticole grossier ou de la perlite
- Un arrosoir à pomme fine
- Des étiquettes pour identifier les variétés
- De l’hormone de bouturage, facultative
Le choix du substrat est important : il doit retenir un peu d’humidité tout en laissant l’excès d’eau s’évacuer facilement.
1. Choisir la bonne tige de rosier
Commencez par observer les pousses produites pendant l’année.
Sélectionnez une tige saine, ferme et suffisamment mûre, sans taches suspectes ni signes de maladie.
Une bonne bouture présente généralement :
- Une longueur de 15 à 25 cm
- Une épaisseur proche de celle d’un crayon
- Plusieurs bourgeons bien formés
- Un bois ferme, mais non desséché
Évitez les tiges très fines, molles ou abîmées.
Privilégiez les parties ayant terminé leur croissance et ne portant plus de fleurs.
2. Prélever la bouture correctement
Désinfectez votre sécateur avant de commencer.
Coupez un morceau de tige d’environ 20 cm.
Effectuez une coupe nette juste sous un bourgeon à la base de la bouture.
À l’extrémité supérieure, réalisez une coupe légèrement inclinée, environ 1 cm au-dessus d’un bourgeon.
Cette différence entre les deux coupes permet également de reconnaître facilement le haut et le bas de la tige.
Retirez les fleurs fanées, les boutons floraux et les feuilles restantes, si nécessaire.
Conservez une tige propre, prête à être installée dans le substrat.
3. Préparer un substrat favorable à l’enracinement
Mélangez deux parts de terreau léger avec une part de sable horticole grossier ou de perlite.
Remplissez un pot profond avec cette préparation, sans trop la tasser.
Humidifiez légèrement le mélange.
Il doit être frais au toucher, mais jamais détrempé.
Un substrat trop compact ou constamment saturé d’eau augmente le risque de pourriture avant l’apparition des racines.
4. Planter la bouture à la bonne profondeur
À l’aide d’un petit bâton, formez un trou dans le substrat.
Si vous utilisez une hormone de bouturage, appliquez-la sur la base de la tige en suivant les indications du fabricant.
Introduisez ensuite la bouture dans le trou, en respectant son sens naturel de croissance.
Enterrez environ les deux tiers de la tige, en laissant au moins un ou deux bourgeons au-dessus du sol.
Resserrez doucement le substrat autour de la tige pour assurer un bon contact.
Arrosez légèrement.
Vous pouvez installer plusieurs boutures dans un même grand pot, à condition de les espacer suffisamment.
5. Trouver le bon emplacement pendant l’hiver
Placez les pots dans un endroit lumineux, mais protégé du soleil direct trop intense.
Une serre froide, un châssis ou un coin abrité du jardin peuvent convenir.
L’objectif est de protéger les boutures des fortes gelées, des vents desséchants et des pluies excessives.
Dans les régions aux hivers doux, il est également possible d’installer les boutures directement en pleine terre, dans un emplacement bien drainé et protégé.

GUIDE GRATUIT · 37 PAGES
Recevez gratuitement « Le Grand Guide du Potager au fil des saisons »
Que semer, planter et récolter mois après mois : le guide complet de Laura (37 pages), envoyé directement dans votre boîte mail.
- Le calendrier du potager mois par mois : semis, plantations, récoltes
- 16 fiches légumes + aromates et petits fruits
- 2 calendriers à imprimer pour le cabanon ou la cuisine
Dans les régions froides, privilégiez les pots afin de pouvoir déplacer les boutures sous abri si nécessaire.
6. Surveiller l’humidité sans trop arroser
Pendant l’hiver, les besoins en eau sont limités.
Vérifiez régulièrement le substrat et arrosez uniquement lorsqu’il commence à sécher.
Évitez de maintenir la terre constamment humide.
Ne tirez pas sur les boutures pour vérifier si des racines se sont formées : ce geste pourrait endommager les jeunes racines.
La patience reste l’un des éléments les plus importants de cette méthode.
Combien de temps faut-il pour obtenir des racines ?
L’enracinement dépend de la variété du rosier, de la température, de l’humidité et de la qualité du bois prélevé.
Certaines boutures commencent à former des racines après plusieurs semaines, tandis que d’autres demandent plusieurs mois.
Au printemps, l’apparition de nouvelles feuilles peut être encourageante.
Attention toutefois : une tige peut produire de jeunes pousses grâce à ses réserves avant même d’avoir développé suffisamment de racines.
Une reprise durable, accompagnée d’une croissance régulière, constitue un meilleur indicateur de réussite.
Les erreurs qui peuvent faire échouer le bouturage
Prélever une tige malade
Une bouture présentant des taches ou des signes de dépérissement risque de pourrir ou de transmettre des maladies.
Utiliser une terre trop lourde
Un substrat compact retient trop d’eau et limite l’oxygénation nécessaire à la formation des racines.
Arroser trop fréquemment
En période froide, l’excès d’humidité peut provoquer la pourriture de la base.
Exposer les boutures aux fortes gelées
Les jeunes tissus et les racines en formation sont sensibles aux températures extrêmes.
Repiquer trop tôt
Une bouture qui produit quelques feuilles n’est pas nécessairement prête à être transplantée.
Quand repiquer les nouveaux rosiers ?
Lorsque les boutures possèdent un système racinaire suffisamment développé, vous pouvez les installer dans des pots individuels.
Pour les boutures réalisées en automne, cette étape peut intervenir au printemps ou plus tard, selon leur développement.
Manipulez les jeunes plants avec précaution afin de ne pas casser leurs racines fragiles.
Installez-les dans un terreau adapté, puis habituez-les progressivement aux conditions extérieures.
Attendez qu’ils soient bien vigoureux avant de les planter définitivement au jardin.
Une astuce pour augmenter les chances de réussite
Préparez plusieurs boutures plutôt qu’une seule.
Même avec une méthode soignée, certaines tiges ne produiront pas de racines.
En prélevant quatre à six boutures sur un rosier suffisamment vigoureux, sans l’affaiblir, vous augmentez vos chances d’obtenir au moins un nouveau plant.
Pensez également à étiqueter les pots avec le nom de la variété et la date du prélèvement.
Cela facilite le suivi pendant les longs mois d’attente.
Tous les rosiers peuvent-ils être multipliés ainsi ?
De nombreux rosiers anciens, arbustifs ou grimpants peuvent être multipliés par bouturage, mais les résultats varient selon les variétés.
Certains rosiers modernes sont plus difficiles à enraciner.
Il faut aussi savoir qu’un rosier obtenu par bouture pousse sur ses propres racines, contrairement à un rosier greffé.
Sa vigueur, sa résistance aux conditions du sol et son développement peuvent donc différer de ceux du plant d’origine.
Enfin, certaines variétés récentes sont protégées par des droits d’obtention végétale. Leur multiplication peut être réglementée, notamment dans un cadre commercial.
Une méthode ancienne qui récompense la patience
Bouturer un rosier en automne est une belle manière de prolonger la vie de ses plantes préférées et de créer de nouveaux sujets pour le jardin.
La technique est accessible : une tige saine, quelques coupes précises, un substrat drainant et un emplacement protégé suffisent pour commencer.
Il ne reste ensuite qu’à laisser le temps agir.
Avec des soins mesurés et un peu de patience, une simple tige prélevée à l’automne peut devenir un jeune rosier capable de fleurir au fil des saisons.

GUIDE GRATUIT · 37 PAGES
Recevez gratuitement « Le Grand Guide du Potager au fil des saisons »
Que semer, planter et récolter mois après mois : le guide complet de Laura (37 pages), envoyé directement dans votre boîte mail.
- Le calendrier du potager mois par mois : semis, plantations, récoltes
- 16 fiches légumes + aromates et petits fruits
- 2 calendriers à imprimer pour le cabanon ou la cuisine