Transformer les déchets de cuisine et du jardin en compost est une excellente manière de réduire ses poubelles tout en produisant un amendement utile pour le sol. Pourtant, un compost trop humide peut sentir mauvais, tandis qu’un tas trop sec se décompose très lentement. La réussite repose surtout sur un bon équilibre entre matières humides riches en azote, matières sèches riches en carbone, humidité et oxygène. Avec cinq règles simples et quelques gestes réguliers, il est possible d’obtenir un compost sombre, friable et à l’odeur agréable de sous-bois.
1. Alterner matières humides et matières sèches
C’est probablement la règle la plus importante. Un compost composé presque exclusivement d’épluchures et de tontes fraîches risque de devenir compact, très humide et malodorant.
Il faut donc équilibrer deux grandes familles de matières.
Les matières dites « vertes » ou humides comprennent notamment :
- épluchures et restes végétaux ;
- marc de café en quantité raisonnable ;
- fleurs fanées ;
- tontes de gazon fraîches ;
- jeunes déchets de plantes.
Les matières « brunes » ou sèches comprennent :
- feuilles mortes ;
- carton brun non plastifié et déchiré ;
- petites brindilles broyées ;
- paille ;
- matières végétales sèches.
À chaque apport important de déchets de cuisine, ajoutez approximativement un volume comparable de matières sèches et structurantes. Il ne s’agit pas d’une formule chimique exacte, mais d’un repère pratique pour un compost domestique.
Par exemple, après avoir vidé un seau de 5 litres d’épluchures, recouvrez-les d’environ 5 litres de feuilles sèches ou de carton brun déchiré.
Mélangez légèrement les premiers centimètres plutôt que de créer des couches épaisses parfaitement séparées.
2. Maintenir l’humidité sans détremper le compost
Les micro-organismes responsables de la décomposition ont besoin d’humidité. Mais un compost saturé d’eau contient moins d’air et risque de développer des odeurs désagréables.
Pour vérifier simplement son état, prenez une poignée de matière située à 15 ou 20 cm de profondeur, avec des gants.
La texture recherchée ressemble à celle d’une éponge bien essorée : humide au toucher, mais sans eau qui s’écoule lorsque vous la serrez légèrement.
Si le compost est trop sec, ajoutez progressivement de l’eau avec un arrosoir, par petites quantités. Pour un composteur domestique, commencez par 1 à 2 litres, mélangez puis contrôlez de nouveau avant d’en ajouter.
S’il est détrempé, n’ajoutez pas davantage d’eau. Incorporez plutôt des feuilles mortes, du carton brun déchiré ou de petites brindilles afin d’absorber une partie de l’humidité et de recréer des espaces permettant à l’air de circuler.
Un composteur extérieur doit également pouvoir évacuer l’excès d’eau de pluie.
3. Aérer régulièrement pour éviter les mauvaises odeurs
Un compost a besoin d’oxygène. Lorsque les déchets sont trop tassés, l’air circule difficilement et la décomposition peut devenir anaérobie, ce qui favorise certaines odeurs particulièrement désagréables.
Toutes les 1 à 2 semaines, aérez le contenu avec une fourche ou un aérateur à compost.
Enfoncez l’outil à plusieurs endroits et soulevez doucement les matières. Pour un tas accessible, vous pouvez retourner davantage les couches extérieures vers le centre.
Il n’est pas indispensable de retourner intégralement le compost tous les deux jours. Une aération régulière et la présence de matières structurantes comme les brindilles suffisent généralement pour un compost domestique.
Si une forte odeur apparaît, commencez par mélanger le contenu et ajoutez une bonne quantité de matière sèche.
Un compost correctement équilibré peut avoir une odeur végétale ou terreuse, mais il ne devrait pas dégager continuellement une forte odeur de putréfaction.
4. Couper les gros déchets pour accélérer leur décomposition
Une branche entière et une épluchure de pomme ne se décomposent évidemment pas à la même vitesse.
Pour accélérer le processus, découpez les gros déchets végétaux avant de les ajouter.
Les tiges épaisses peuvent être coupées en morceaux d’environ 5 à 10 cm. Déchirez également le carton en morceaux de quelques centimètres plutôt que de déposer une grande plaque entière dans le composteur.
Les tailles de branches doivent idéalement être broyées lorsqu’elles sont trop grosses.
Plus les morceaux sont petits, plus leur surface accessible aux organismes décomposeurs est importante. Il faut cependant conserver un peu de structure : réduire tous les déchets en bouillie produirait une masse compacte dans laquelle l’air circulerait mal.
Les petites brindilles sont donc intéressantes précisément parce qu’elles créent des espaces entre les matières humides.
5. Choisir soigneusement ce que l’on met au compost
Tous les déchets ne sont pas adaptés à un composteur domestique.
Les épluchures de fruits et légumes, feuilles mortes, fleurs fanées, marc de café, petites quantités de coquilles d’œufs broyées et carton brun non plastifié font partie des apports courants.
En revanche, dans un compost domestique classique, mieux vaut généralement éviter viande, poisson, os, produits laitiers et grandes quantités d’aliments cuisinés gras. Ces déchets peuvent attirer des nuisibles et sont plus difficiles à gérer correctement.
N’ajoutez pas non plus :
- déjections de chiens ou de chats ;
- litière souillée ;
- plantes manifestement contaminées lorsque le compostage domestique ne permet pas de détruire l’agent responsable ;
- bois peint ou traité ;
- carton plastifié ;
- cendres de charbon ;
- produits chimiques ou déchets ménagers non compostables.
Pour les plantes montées en graines et certaines plantes invasives, soyez également prudent : un compost domestique n’atteint pas nécessairement une température suffisante pour neutraliser toutes les graines ou parties capables de repousser.
Erreurs à éviter
Mettre uniquement des déchets de cuisine. Ils apportent beaucoup d’humidité et peuvent se compacter. Ajoutez régulièrement des matières sèches.
Ajouter une énorme quantité de tonte fraîche en une fois. Une couche épaisse se tasse rapidement. Laissez éventuellement sécher légèrement l’herbe et mélangez-la avec des feuilles sèches ou des matières structurantes.
Arroser automatiquement chaque semaine. Vérifiez d’abord l’humidité à l’intérieur du tas. Après une période pluvieuse, ajouter de l’eau peut aggraver le problème.
Croire qu’un compost doit forcément sentir mauvais. Une forte odeur persistante indique souvent un excès d’humidité, un manque d’oxygène ou un déséquilibre des matières.
Utiliser un compost qui n’est pas suffisamment mûr. Des déchets encore facilement reconnaissables indiquent généralement que la décomposition doit se poursuivre.
Pour aller plus loin
Gardez à côté du composteur un sac de feuilles mortes ou de carton brun déchiré. Vous aurez ainsi toujours de la matière sèche disponible lorsque vous ajoutez vos épluchures.
En été, surveillez davantage le dessèchement, particulièrement avec un petit composteur exposé au soleil. En période pluvieuse, vérifiez au contraire que l’eau ne s’accumule pas.
Pour un composteur de balcon, privilégiez un système spécifiquement adapté à l’espace disponible et veillez particulièrement à la gestion de l’humidité et des odeurs.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour obtenir du compost ?
Cela dépend des matières, du climat, de l’humidité et de l’aération. Dans de bonnes conditions, il faut généralement plusieurs mois. Un compost peu entretenu peut demander beaucoup plus longtemps.
Comment reconnaître un compost mûr ?
Il présente généralement une couleur brun foncé, une texture relativement friable et une odeur rappelant la terre ou le sous-bois. La majorité des déchets d’origine n’est plus facilement identifiable.
Pourquoi mon compost sent-il mauvais ?
Un excès de matières humides et un manque d’air sont deux causes fréquentes. Mélangez le tas et incorporez progressivement des matières sèches comme des feuilles mortes ou du carton brun.
Peut-on mettre les épluchures d’agrumes dans le compost ?
Oui, dans un compost domestique diversifié, elles peuvent être ajoutées en quantités raisonnables. Coupez les gros morceaux et mélangez-les aux autres matières plutôt que d’accumuler une épaisse couche uniquement composée d’agrumes.