Basilic, menthe ou certaines autres aromatiques ont parfois tendance à produire de longues tiges peu garnies. Un geste très simple peut favoriser une silhouette plus dense : le pincement des jeunes extrémités. En retirant la pointe d’une tige juste au-dessus d’une paire de feuilles, on réduit la dominance de la pousse terminale et les bourgeons latéraux peuvent davantage se développer. La plante produit alors plusieurs ramifications au lieu de poursuivre uniquement sa croissance en hauteur. Encore faut-il intervenir sur les bonnes espèces et au bon moment.
Le bon geste : pincer juste au-dessus d’une paire de feuilles
Le pincement est une taille légère pratiquée sur les extrémités encore tendres. Il peut se faire avec les doigts sur une jeune pousse souple ou avec de petits ciseaux propres.
Matériel nécessaire
- Des mains propres ou de petits ciseaux bien affûtés
- De l’alcool à 70 % pour nettoyer les lames si nécessaire
- Un petit récipient pour récupérer les pousses
- Un arrosoir pour les soins habituels
Les étapes
- Attendez que la plante soit suffisamment développée. Sur un jeune basilic, par exemple, laissez plusieurs vraies paires de feuilles se former avant de commencer. Une plantule récemment levée doit d’abord s’installer.
- Repérez l’extrémité d’une tige vigoureuse. Cherchez la jeune pousse située au sommet et identifiez une paire de feuilles bien développée juste en dessous.
- Pincez au-dessus des feuilles. Retirez environ 1 à 3 cm d’extrémité, selon la taille de la plante, en laissant quelques millimètres de tige au-dessus du nœud.
- Laissez les ramifications se développer. Deux bourgeons latéraux peuvent progressivement prendre le relais. Attendez que ces nouvelles tiges soient suffisamment développées avant de les pincer à leur tour.
- Observez pendant 1 à 3 semaines. Selon l’espèce, la saison, la chaleur et la lumière, de nouvelles ramifications deviennent progressivement visibles.
Ne retirez pas une grande partie de la plante en une seule fois. Un pincement régulier et léger est préférable à une taille brutale.
Le basilic répond particulièrement bien au pincement
Le basilic est l’exemple classique. Lorsqu’on récolte seulement les grandes feuilles du bas, la tige principale continue souvent à s’allonger. Une récolte effectuée au-dessus d’un nœud permet au contraire d’encourager les ramifications.
Lorsque votre basilic possède plusieurs étages de feuilles, repérez une paire saine et coupez la tige 5 à 10 mm au-dessus du nœud.
Utilisez immédiatement la partie récoltée en cuisine si elle est saine.
Pendant sa période de croissance, généralement du printemps jusqu’à la fin de l’été sous climat tempéré, vous pouvez recommencer sur les nouvelles ramifications lorsqu’elles sont assez longues.
Le basilic apprécie également beaucoup de lumière, un substrat fertile et des arrosages réguliers sans eau stagnante. Un pincement ne transformera pas en buisson une plante qui manque fortement de lumière ou dont les racines sont constamment détrempées.
Menthe et mélisse peuvent également devenir plus denses
La menthe et la mélisse supportent généralement bien des récoltes régulières. Couper leurs extrémités peut favoriser l’apparition de nouvelles pousses et maintenir une végétation plus compacte.
Sur une tige d’environ 10 à 15 cm, coupez juste au-dessus d’un nœud en conservant plusieurs paires de feuilles sur la partie restante.
N’hésitez pas à récolter régulièrement pendant la période de croissance, mais évitez de retirer brutalement toute la végétation d’une plante jeune ou affaiblie.
En pot, surveillez particulièrement l’arrosage. La menthe préfère généralement un substrat plus régulièrement frais que le thym ou le romarin. Vérifiez les premiers centimètres de terre et arrosez lorsque cela devient nécessaire.
Une exposition lumineuse avec quelques heures de soleil convient généralement bien, en adaptant l’arrosage aux températures.
Faut-il supprimer les fleurs des plantes aromatiques ?
Cela dépend de ce que vous recherchez. Si votre priorité est de récolter longtemps des feuilles tendres de basilic, retirer les jeunes hampes florales permet de prolonger la production végétative.
Coupez la tige florale juste au-dessus d’un nœud dès qu’elle devient clairement identifiable.
Mais il n’est pas obligatoire d’empêcher toutes les aromatiques de fleurir. Les fleurs de nombreuses espèces sont intéressantes pour les insectes pollinisateurs et peuvent être décoratives.
Vous pouvez donc laisser fleurir une partie des plantes et continuer à récolter les autres.
Pour obtenir des graines, il faudra évidemment conserver certaines fleurs jusqu’à leur maturation.
Le choix dépend donc de votre objectif : maximiser la récolte de feuilles, profiter de la floraison ou récupérer des graines.
Toutes les aromatiques ne se pincent pas de la même manière
Le pincement est particulièrement adapté aux plantes qui produisent facilement de nouvelles ramifications sur leurs jeunes tiges. Il faut être plus prudent avec les aromatiques ligneuses.
Le romarin, le thym, la sauge et la lavande peuvent bénéficier de tailles adaptées, mais évitez de leur appliquer aveuglément la même méthode qu’au basilic. Sur plusieurs de ces espèces, une coupe trop profonde dans le vieux bois dépourvu de feuilles peut donner une mauvaise reprise.
Lorsque vous taillez une aromatique ligneuse, restez généralement dans les parties encore feuillées et adaptez l’intervention à l’espèce et à la saison.
À l’inverse, une annuelle comme le basilic peut être pincée régulièrement pendant sa croissance active.
Avant de tailler une aromatique inconnue, identifiez donc précisément l’espèce.
Associer le pincement à de bonnes conditions de culture
Pour produire de nouvelles ramifications, la plante doit disposer de suffisamment de ressources. Commencez par lui offrir une exposition adaptée à son espèce.
Le basilic apprécie beaucoup de lumière et la chaleur. La menthe tolère généralement davantage la mi-ombre. Le romarin et le thym préfèrent un emplacement très lumineux et un substrat particulièrement drainant.
En pot, assurez-vous que le contenant possède des trous d’évacuation. Arrosez en fonction des besoins réels plutôt que selon un calendrier fixe.
Après un pincement, n’ajoutez pas automatiquement une forte dose d’engrais. Si une fertilisation est nécessaire pendant la croissance, choisissez un produit adapté et respectez strictement le dosage du fabricant.
Une plante correctement cultivée produira naturellement de nouvelles pousses après la taille.
Erreurs à éviter
Retirer seulement les grandes feuilles du bas. Sur certaines plantes comme le basilic, récolter les extrémités au-dessus d’un nœud favorise davantage les ramifications.
Pincer une plantule trop jeune. Laissez-la développer plusieurs vraies feuilles et un système racinaire suffisamment installé avant d’intervenir.
Supprimer trop de végétation d’un coup. Une taille excessive réduit fortement la surface foliaire dont la plante a besoin pour poursuivre sa croissance.
Couper profondément dans le vieux bois des aromatiques ligneuses. Certaines espèces repartent difficilement depuis une partie ancienne totalement dénudée.
Croire que le pincement compense un manque de lumière. Une plante qui s’allonge exagérément peut surtout chercher davantage de lumière.
Pour aller plus loin
Sur le balcon, tournez régulièrement les pots si les plantes reçoivent la lumière principalement d’un seul côté. Leur développement sera plus équilibré.
Profitez du pincement pour examiner le dessous des feuilles et les jeunes pousses afin de repérer rapidement d’éventuels pucerons ou autres ravageurs.
Enfin, transformez la récolte en entretien : sur le basilic et la menthe, prélever régulièrement des extrémités bien placées permet à la fois de cuisiner avec des feuilles fraîches et d’accompagner la ramification.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que « pincer » une plante ?
Cela consiste à retirer l’extrémité tendre d’une jeune tige, généralement juste au-dessus d’un nœud portant des feuilles, afin de favoriser le développement des bourgeons latéraux.
Combien faut-il couper ?
Sur une jeune aromatique comme le basilic, 1 à 3 cm d’extrémité suffisent souvent. L’important est surtout de réaliser la coupe juste au-dessus d’un nœud bien développé.
Combien de temps faut-il pour voir de nouvelles pousses ?
En pleine période de croissance, des ramifications peuvent devenir visibles en une à trois semaines, selon l’espèce et les conditions de culture.
Peut-on pincer le romarin comme le basilic ?
Pas exactement. Le romarin est une plante ligneuse. Une taille légère des jeunes extrémités est possible, mais évitez les coupes sévères dans le vieux bois sans feuilles, dont la reprise est moins fiable.