Dans un potager ou un massif, une terre nue peut sembler propre et bien entretenue. Pourtant, en plein été, elle est directement exposée au soleil, au vent et aux pluies fortes. C’est pourquoi de nombreux jardiniers préfèrent maintenir le sol couvert avec un paillage adapté : paille, feuilles mortes broyées, tontes préalablement séchées ou autres matières organiques. Cette couverture ralentit l’évaporation, limite les variations de température en surface et gêne la levée de certaines herbes indésirables. Pour être bénéfique, elle doit cependant être installée correctement et régulièrement surveillée.
Couvrir le sol avec 5 à 8 cm de paillage organique
En été, le principal intérêt du paillage est de protéger directement la surface du sol. L’objectif n’est pas de créer une couche énorme, mais une couverture suffisamment épaisse pour faire écran au soleil tout en laissant l’eau et l’air circuler.
Matériel nécessaire
- De la paille propre, des feuilles mortes broyées ou un autre paillage adapté
- Un râteau ou une petite griffe
- Un arrosoir ou un tuyau
- Des gants de jardinage
Les étapes
- Retirez les herbes indésirables déjà installées. Le paillage freinera de nouvelles levées, mais il ne fera pas forcément disparaître les plantes vivaces déjà bien enracinées.
- Contrôlez l’humidité du sol. Enfoncez un doigt ou une petite pelle sur 3 à 5 cm. Si la terre est très sèche, arrosez avant de la couvrir.
- Répartissez le paillage. Disposez environ 5 à 8 cm de matière autour des légumes, fleurs ou arbustes. Pour un matériau très compact, commencez avec une couche plus fine.
- Dégagez le pied des végétaux. Conservez environ 5 cm sans paillage autour des tiges et des collets afin de ne pas y accumuler constamment de l’humidité.
- Vérifiez régulièrement sous la couche. Tous les quelques jours en période chaude, soulevez le paillage et contrôlez directement la terre avant de décider d’arroser.
La couche se tassera progressivement. Complétez-la lorsqu’elle devient trop fine et laisse apparaître une grande partie du sol.
Un sol couvert perd généralement moins rapidement son eau
Lorsqu’une terre humide reste exposée au soleil et au vent, une partie de son eau s’évapore directement par la surface. Le paillage forme une barrière qui ralentit ce phénomène.
C’est particulièrement utile au potager, où tomates, courgettes et autres cultures estivales peuvent demander beaucoup d’eau.
Le paillage ne supprime toutefois pas les besoins d’arrosage. Il permet surtout de conserver plus longtemps l’humidité déjà présente.
Pour savoir quand intervenir, écartez quelques centimètres de paillage et touchez la terre. Si elle reste fraîche et humide sous la surface, il est souvent inutile d’ajouter immédiatement de l’eau.
Lorsqu’elle commence réellement à sécher, arrosez lentement au pied afin que l’eau traverse la couche et pénètre suffisamment profondément.
Cette observation est plus fiable qu’un calendrier imposant automatiquement un arrosage quotidien.
Le paillage protège aussi le sol des fortes chaleurs
Une surface sombre directement exposée au soleil peut devenir très chaude pendant une journée estivale. Une couverture végétale ou organique réduit l’exposition directe et modère les variations de température des premiers centimètres du sol.
Cette protection peut être intéressante pour la vie du sol et les racines superficielles.
Elle ne transforme cependant pas un emplacement brûlant en zone fraîche. Pendant une canicule prolongée, les plantes continuent à subir la chaleur et doivent être surveillées.
Dans les pots et jardinières, utilisez une couche plus modérée, généralement 2 à 3 cm, car le volume de terre est limité.
Contrôlez également le drainage : un pot doit posséder des trous permettant à l’excédent d’eau de s’évacuer. Le paillage ne doit jamais servir à masquer un substrat constamment détrempé.
Une couverture limite aussi certaines herbes indésirables
Les graines présentes à la surface du sol ont besoin de conditions favorables pour germer. Une couche de paillage suffisamment dense réduit la quantité de lumière atteignant certaines d’entre elles.
Cela peut donc diminuer le nombre de jeunes adventices à retirer.
Le résultat n’est toutefois pas absolu. Des plantes vivaces déjà installées peuvent traverser le paillage, tandis que de nouvelles graines peuvent arriver sur sa surface.
Pour une bonne efficacité, désherbez avant l’installation puis retirez rapidement les pousses qui parviennent à traverser la couche.
Évitez également de retourner constamment le sol sans nécessité : cela peut ramener de nouvelles graines vers la surface.
Un paillage qui s’est fortement aminci perd progressivement son efficacité. Contrôlez son épaisseur au cours de l’été et complétez si nécessaire.
Les matières organiques nourrissent progressivement le sol
Paille, feuilles et autres matières végétales ne restent pas intactes indéfiniment. Sous l’action des organismes du sol et des conditions météorologiques, elles se décomposent progressivement.
Cette transformation apporte de la matière organique et peut contribuer à améliorer la structure du sol sur la durée.
Il ne faut cependant pas considérer le paillage comme un engrais instantané. Sa décomposition prend du temps et les besoins nutritifs des cultures doivent être gérés séparément.
Pour des feuilles mortes, privilégiez des feuilles saines et broyées. Une couche d’environ 5 cm constitue un bon point de départ.
Les tontes peuvent également être utilisées avec davantage de prudence : laissez-les légèrement sécher et appliquez-les en couches fines de 1 à 2 cm, que vous pourrez renouveler. Une grosse masse d’herbe fraîche peut se compacter, chauffer et fermenter.
Garder le sol couvert ne signifie pas ne plus le surveiller
Le dessous d’un paillage constitue un milieu frais et relativement humide. Ces conditions peuvent aussi attirer des limaces ou favoriser une humidité excessive dans certains jardins.
Soulevez donc régulièrement quelques poignées de matière pour observer ce qui se passe.
Après une longue période pluvieuse, si la terre reste saturée, réduisez éventuellement une couche particulièrement épaisse et laissez le sol évacuer son excès d’eau.
Autour des jeunes plants sensibles aux limaces, inspectez le paillage en soirée et le matin.
Évitez également de plaquer les matières organiques contre les troncs des arbres et arbustes. Conservez 5 à 10 cm d’espace libre autour du collet.
Le principe est simple : protéger le sol, pas emprisonner les végétaux dans une masse constamment humide.
Erreurs à éviter
Pailler une terre complètement desséchée. Si la plante a besoin d’eau, humidifiez d’abord correctement le sol avant d’installer la couverture.
Former une couche énorme. Une épaisseur excessive peut se compacter et rendre la surveillance du sol difficile.
Coller le paillage aux tiges. Maintenez quelques centimètres libres autour du collet pour limiter l’humidité permanente.
Arroser aussi souvent qu’avant sans vérifier. Puisque le paillage ralentit l’évaporation, les besoins peuvent évoluer.
Utiliser n’importe quels déchets végétaux. Évitez notamment les végétaux fortement malades ou contenant des graines mûres d’adventices problématiques.
Pour aller plus loin
Au potager, adaptez le paillage à la saison : au printemps, un sol froid peut avoir besoin de se réchauffer avant d’être fortement couvert.
Sous les arbustes et dans les massifs, les feuilles mortes broyées constituent une ressource gratuite particulièrement intéressante lorsqu’elles sont saines.
Enfin, pensez aussi aux couverts végétaux sur les parcelles momentanément inutilisées : selon la saison et votre climat, certaines plantes semées spécifiquement peuvent protéger le sol vivant plutôt que de le laisser nu.
Questions fréquentes
Quelle épaisseur de paillage faut-il mettre en été ?
Pour de la paille ou des feuilles broyées en pleine terre, environ 5 à 8 cm constitue généralement un bon point de départ. Adaptez l’épaisseur au matériau utilisé.
Faut-il arroser avant ou après avoir paillé ?
Si la terre est sèche, arrosez-la correctement avant d’installer le paillage. Ensuite, les futurs arrosages pourront traverser directement la couverture.
Peut-on laisser le paillage toute l’année ?
Souvent oui, mais il faut l’adapter aux cultures et aux saisons. Au printemps, une couche très épaisse peut notamment ralentir le réchauffement d’un sol encore froid.
Quel paillage utiliser gratuitement ?
Les feuilles mortes saines et broyées sont une excellente possibilité. Les tontes légèrement séchées peuvent aussi servir, mais uniquement en couches fines pour éviter leur compactage et leur fermentation.