À l’automne, les feuilles mortes remplissent rapidement pelouses, allées et terrasses. Pourtant, lorsqu’elles sont saines, elles constituent une ressource intéressante pour le jardin. Déposées en couche raisonnable au pied de nombreuses plantes, elles forment un paillage naturel qui protège le sol, ralentit son dessèchement et se décompose progressivement en matière organique. Encore faut-il choisir les bonnes feuilles et éviter les couches trop épaisses. Voici comment les utiliser efficacement sans étouffer les végétaux ni créer un amas humide.
Le geste essentiel : transformer les feuilles mortes en paillage
Dans la nature, les feuilles tombées restent souvent au sol et sont progressivement décomposées par les organismes qui y vivent. Au jardin, on peut reproduire ce fonctionnement en utilisant les feuilles comme couverture autour des végétaux.
Matériel nécessaire
- Des feuilles mortes saines et sèches ou légèrement humides
- Un râteau
- Une tondeuse ou un broyeur, facultatif
- Des gants de jardinage
- Un arrosoir si le sol est très sec
Les étapes
- Triez les feuilles. Écartez celles qui présentent des symptômes importants de maladie, surtout si vous ne savez pas comment gérer le problème concerné.
- Broyez les grandes feuilles si nécessaire. Passez-les à la tondeuse ou fragmentez-les grossièrement. Elles se tasseront moins et se décomposeront plus facilement.
- Humidifiez d’abord un sol très sec. Le paillage sert à conserver l’humidité déjà présente ; il ne remplace pas un arrosage nécessaire.
- Étalez une couche d’environ 5 à 8 cm autour des arbustes et plantes adaptées. Une fois tassée, cette couche deviendra naturellement plus fine.
- Laissez 5 à 10 cm libres autour des tiges et des troncs. Les feuilles ne doivent pas former un monticule humide directement contre le collet.
Le résultat recherché est une couverture légère laissant circuler l’air, et non une masse compacte et détrempée.
Pourquoi les feuilles protègent-elles le sol ?
Un sol nu subit directement le soleil, le vent, les fortes pluies et les variations de température. Une couche de feuilles crée une protection physique qui réduit ces agressions.
Pendant les périodes sèches, le paillage ralentit l’évaporation. Après une pluie ou un arrosage, l’humidité peut donc rester disponible plus longtemps dans les premiers centimètres du sol.
En automne et en hiver, les feuilles limitent également certaines variations brutales de température au niveau superficiel. Il ne faut cependant pas considérer quelques centimètres de feuilles comme une protection absolue contre un gel intense.
Avec le temps, champignons, vers de terre et autres organismes participent à leur décomposition. Cette matière organique est progressivement incorporée au sol et contribue à améliorer sa structure.
Le processus demande plusieurs mois : il ne s’agit pas d’un engrais instantané.
Au potager, utilisez-les entre les cultures
Les feuilles mortes peuvent également servir au potager, notamment sur les parcelles laissées temporairement libres.
Après avoir retiré les végétaux malades et les adventices indésirables, répartissez 5 à 10 cm de feuilles broyées sur le sol. Si le vent les emporte facilement, humidifiez très légèrement la couche après l’installation ou recouvrez-la d’une petite quantité de compost mûr.
Autour des légumes encore en place, utilisez une couche plus modérée et maintenez les feuilles éloignées de la base des tiges.
Au printemps, observez leur état. Une partie aura déjà commencé à se décomposer. Si une couche épaisse subsiste exactement à l’endroit où vous souhaitez semer de petites graines, écartez-la temporairement pour permettre au sol de se réchauffer et faciliter la levée.
Vous pourrez ensuite remettre un paillage adapté lorsque les jeunes plants seront suffisamment développés.
Toutes les feuilles ne se décomposent pas à la même vitesse
Les petites feuilles relativement tendres se décomposent généralement plus rapidement que les grandes feuilles coriaces.
Les feuilles épaisses peuvent se coller les unes aux autres lorsqu’elles sont mouillées et former une couche compacte. Les broyer avant utilisation permet d’améliorer leur comportement.
Vous pouvez aussi les mélanger avec d’autres matières végétales sèches afin d’obtenir un paillage plus aéré.
Évitez de ramasser pour votre jardin des feuilles provenant de zones potentiellement contaminées par des hydrocarbures ou d’autres polluants.
Quant aux feuilles fortement atteintes par une maladie, leur gestion dépend du problème concerné. Lorsque vous ne pouvez pas identifier la maladie ou que les recommandations locales déconseillent leur compostage domestique, mieux vaut les écarter du paillage.
Préparer du terreau de feuilles pour l’année suivante
Si vous disposez de beaucoup de feuilles, vous n’êtes pas obligé de tout déposer immédiatement au pied des plantes. Une partie peut servir à fabriquer du terreau de feuilles, aussi appelé terreau de feuilles mortes.
Rassemblez les feuilles, broyez-les grossièrement et humidifiez-les si elles sont complètement sèches. Placez-les dans un contenant aéré ou dans un espace délimité du jardin.
Le tas doit rester humide comme une éponge essorée, mais jamais gorgé d’eau. Contrôlez-le environ une fois par mois et ajoutez un peu d’eau pendant une longue période sèche si nécessaire.
La décomposition est lente : comptez généralement un an ou davantage pour obtenir une matière sombre et friable selon les feuilles et les conditions.
Ce produit est particulièrement intéressant pour améliorer la structure d’un sol ou entrer dans certaines préparations horticoles adaptées.
Les feuilles peuvent aussi offrir un refuge à la petite faune
Vouloir retirer chaque feuille de chaque recoin du jardin n’est pas toujours nécessaire. Dans une zone calme, sous une haie ou au fond d’un massif, conserver une couche raisonnable peut fournir un abri à divers invertébrés.
En revanche, une pelouse entièrement recouverte d’une couche épaisse de feuilles pendant plusieurs semaines peut manquer de lumière et d’air. Ramassez donc l’excédent sur le gazon et transférez-le vers les massifs, le compost ou votre tas de feuilles.
Les allées doivent également rester dégagées : des feuilles mouillées peuvent devenir très glissantes.
L’idée n’est donc pas de laisser toutes les feuilles exactement là où elles tombent, mais de les déplacer vers les endroits où elles seront réellement utiles.
Erreurs à éviter
Former une couche de 20 ou 30 cm contre les plantes. Les feuilles risquent de se compacter et de conserver trop d’humidité. Commencez généralement avec 5 à 8 cm.
Coller le paillage au tronc. Laissez toujours quelques centimètres libres autour du collet des arbres et arbustes.
Utiliser sans réfléchir des feuilles malades. Certaines maladies peuvent persister sur les débris végétaux. Identifiez le problème avant de les réutiliser.
Recouvrir durablement toute la pelouse. Une couche épaisse prive le gazon de lumière et peut l’endommager.
Penser que les feuilles remplacent immédiatement un engrais. Leur principal intérêt est d’abord la protection et l’apport progressif de matière organique.
Pour aller plus loin
Dans les massifs d’arbustes, mélangez différentes feuilles broyées pour obtenir une couverture moins compacte.
Pour accélérer leur décomposition, passez les grandes feuilles à la tondeuse avant de les ramasser. Les fragments offrent davantage de surface aux organismes décomposeurs.
Conservez enfin une partie des feuilles pour votre compost. Mélangées avec des déchets plus humides et riches en azote, elles constituent une excellente matière carbonée.
Questions fréquentes
Quelle épaisseur de feuilles mettre au pied des plantes ?
Une couche initiale d’environ 5 à 8 cm convient à de nombreuses situations. Elle se tassera progressivement avec la pluie et la décomposition.
Peut-on utiliser les feuilles mortes dans les pots ?
Oui, mais beaucoup plus finement. Une couche d’environ 2 à 3 cm de feuilles broyées peut suffire dans un grand pot, sans toucher directement les tiges.
Faut-il broyer les feuilles ?
Ce n’est pas toujours obligatoire, mais c’est recommandé pour les grandes feuilles qui ont tendance à former des plaques compactes lorsqu’elles sont mouillées.
Peut-on utiliser les feuilles d’un arbre malade ?
Cela dépend de la maladie. Si vous constatez une forte contamination et ne pouvez pas identifier le problème, évitez de réutiliser ces feuilles directement au pied de plantes sensibles et suivez les recommandations locales concernant leur élimination.