Épluchures de légumes, marc de café, feuilles mortes, petits morceaux de carton… Tous ces déchets que l’on jette presque machinalement peuvent avoir une seconde vie très utile au jardin.
Au lieu de remplir la poubelle, une partie de ces matières organiques peut être transformée en compost, un amendement naturel qui aide à améliorer la terre et à apporter progressivement de la matière organique aux plantes.
Et contrairement à ce que l’on imagine parfois, il n’est pas nécessaire d’être un jardinier expérimenté pour commencer. Avec un bon équilibre entre matières humides et matières sèches, un peu d’aération et quelques précautions, la nature fait l’essentiel du travail.
Pourquoi le compost est si intéressant au jardin
Le compost mûr ressemble à une terre sombre, friable, avec une agréable odeur de sous-bois. Il provient de la décomposition contrôlée de matières organiques par des micro-organismes et de nombreux petits organismes naturellement présents.
Son premier intérêt est d’enrichir le sol en matière organique.
Une terre régulièrement amendée avec du compost peut devenir plus souple et plus facile à travailler. Dans les sols légers, la matière organique contribue également à une meilleure rétention de l’eau. Dans les terres plus lourdes, elle participe progressivement à l’amélioration de la structure.
Le compost apporte aussi différents éléments nutritifs, mais il ne faut pas le considérer comme un engrais concentré capable de répondre exactement aux besoins de toutes les plantes. Son grand intérêt réside surtout dans son action globale sur la fertilité et la vie du sol.
Autre avantage évident : il permet de valoriser sur place une partie des déchets de cuisine et du jardin.
Que peut-on mettre dans un composteur ?
Une erreur fréquente consiste à remplir le composteur uniquement avec des épluchures et des déchets humides. Le mélange risque alors de devenir compact, très humide et malodorant.
Pour obtenir un compost équilibré, alternez deux grandes familles de matières.
Les matières humides
Vous pouvez notamment utiliser :
- les épluchures et restes de fruits et légumes ;
- le marc de café ;
- les filtres en papier non plastifiés ;
- les fleurs fanées ;
- les jeunes déchets végétaux ;
- de petites quantités de tontes de gazon.
Ces matières sont généralement riches en eau et en azote.
Les matières sèches
Ajoutez régulièrement :
- des feuilles mortes ;
- des brindilles broyées ;
- des petites branches ;
- du carton brun non plastifié et déchiré ;
- des boîtes d’œufs en carton ;
- de la paille ou d’autres végétaux secs.
Ces matières apportent notamment du carbone et permettent de conserver une structure plus aérée.
Une règle très pratique consiste à ajouter une poignée ou une petite couche de matière sèche chaque fois que vous déposez une quantité importante de déchets de cuisine humides.
Pas besoin de peser chaque ingrédient : observez simplement votre compost.
Ce qu’il vaut mieux éviter
Tous les déchets ne sont pas adaptés à un composteur domestique classique.
Évitez notamment les grandes quantités de :
- viande et poisson ;
- produits laitiers ;
- huiles et graisses ;
- aliments très gras ou en sauce.
Ces déchets peuvent provoquer des odeurs et attirer certains animaux.
Soyez également prudent avec les plantes malades, les mauvaises herbes montées en graines et certains végétaux traités. Un compost domestique n’atteint pas toujours une température suffisante pour neutraliser tous les agents pathogènes ou toutes les graines.
Évitez évidemment le plastique, le verre, le métal ainsi que les cartons plastifiés ou fortement imprimés.
La méthode simple pour démarrer
Choisissez d’abord un emplacement pratique et facilement accessible. Un endroit légèrement ombragé convient généralement bien.
Le composteur doit permettre une certaine circulation de l’air.
Commencez avec une couche de matières assez grossières, comme de petites brindilles. Elles évitent que la base soit complètement tassée.
Ajoutez ensuite progressivement vos déchets de cuisine et de jardin en alternant matières humides et matières sèches.
Coupez les gros morceaux : des déchets végétaux de quelques centimètres se décomposeront généralement plus facilement qu’une grosse branche ou qu’un fruit entier.
Mélangez régulièrement les couches superficielles à l’aide d’une fourche ou d’un aérateur à compost.
L’objectif n’est pas de retourner intégralement le tas chaque semaine, mais simplement d’empêcher qu’il devienne trop compact.
Le détail qui change tout : surveiller l’humidité
Un compost efficace doit rester humide sans être détrempé.
Prenez une poignée de matière et serrez-la doucement.
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Elle doit évoquer une éponge bien essorée : humide au toucher, mais sans laisser couler beaucoup d’eau.
Si le compost paraît très sec, vous pouvez ajouter davantage de matières fraîches ou, si nécessaire, un peu d’eau.
À l’inverse, s’il est détrempé et commence à sentir mauvais, incorporez des matières sèches comme des feuilles mortes ou du carton brun déchiré, puis aérez le mélange.
Votre compost sent mauvais ? Voici ce qui se passe probablement
Un compost correctement équilibré ne devrait pas dégager en permanence une forte odeur de pourriture.
Une odeur désagréable indique souvent un excès d’humidité ou un manque d’oxygène.
La solution est généralement simple :
- aérez le tas ;
- ajoutez des matières sèches ;
- mélangez légèrement ;
- vérifiez que l’eau ne s’accumule pas au fond.
Si le compost ne semble au contraire presque plus évoluer, il peut manquer d’humidité ou de matières riches en azote.
L’observation reste votre meilleur indicateur.
Combien de temps faut-il attendre ?
Il n’existe pas de durée absolument fixe.
Selon la saison, la taille des déchets, l’humidité, l’aération et la fréquence des mélanges, le compost peut demander plusieurs mois avant d’être suffisamment mûr.
Un compost prêt à l’emploi est généralement brun foncé, friable et homogène. La plupart des déchets d’origine ne doivent plus être facilement reconnaissables.
Son odeur rappelle davantage la terre forestière que les déchets de cuisine.
Si vous distinguez encore beaucoup d’épluchures fraîches, laissez simplement le processus continuer.
Comment utiliser le compost au jardin ?
Une fois mûr, votre compost peut servir de différentes manières.
Pour améliorer la terre
Étalez une couche raisonnable à la surface du sol puis incorporez-la légèrement, selon les cultures et la nature du terrain.
Au potager
Le compost mûr peut être apporté aux zones destinées aux légumes afin d’entretenir la matière organique du sol. Les quantités nécessaires varient toutefois selon les cultures : toutes les plantes n’ont pas les mêmes besoins.
Autour des plantes
Une couche de compost mûr en surface peut participer à la protection du sol et à l’entretien de sa fertilité.
Pour les plantations
Vous pouvez mélanger du compost bien mûr à la terre existante. Évitez cependant de planter systématiquement une plante dans du compost pur : un mélange avec la terre est généralement préférable.
4 erreurs fréquentes à éviter
Mettre uniquement des déchets de cuisine : le mélange devient facilement humide et compact.
Ajouter trop de tonte fraîche d’un seul coup : elle peut former une masse dense et mal aérée. Mélangez-la avec des matières sèches.
Laisser le compost complètement sec : les organismes responsables de la décomposition ont besoin d’humidité.
Utiliser un compost encore immature : laissez suffisamment de temps aux matières pour se transformer avant de l’incorporer près des jeunes plantations.
FAQ
Peut-on mettre les coquilles d’œufs au compost ?
Oui. Écrasez-les en petits morceaux pour faciliter leur dispersion. Elles se décomposent toutefois lentement.
Le marc de café est-il bon pour le compost ?
Oui, en quantité raisonnable et mélangé avec d’autres matières. Évitez d’en accumuler une couche épaisse.
Pourquoi y a-t-il des petits insectes ?
Un composteur abrite naturellement de nombreux organismes participant à la décomposition. Une présence importante de moucherons autour des déchets frais peut toutefois être limitée en recouvrant ceux-ci avec une couche de matière sèche.
Peut-on composter en hiver ?
Oui. La décomposition ralentit généralement lorsque les températures baissent, mais elle peut reprendre plus activement avec le retour de conditions favorables.
Une habitude simple qui transforme vos déchets en ressource
Faire son compost, c’est finalement reproduire un processus que la nature réalise en permanence.
Gardez vos épluchures végétales, ajoutez des feuilles mortes ou du carton brun, maintenez une humidité modérée et aérez de temps en temps.
Quelques mois plus tard, ce qui ressemblait à un tas de déchets peut devenir une matière sombre et friable très utile pour votre sol.
La prochaine fois que vous épluchez vos légumes, regardez donc votre poubelle autrement : une partie de ce que vous alliez jeter peut encore servir à votre jardin.
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